: Qui a inventé les virus informatiques ?
: Bien difficile de vous apporter une réponse… un peu d’histoire peut-être : Les virus ne font réellement parler d'eux que depuis le milieu des années 90. Pourtant, leur concept est apparu dans les premiers calculateurs électroniques, avec la mise en évidence, dès 1939, par John Von Neumann, de la théorie de l'autocopie de logiciels, concept utilisé par les virus.

L'analogie des codes malveillants avec les virus biologiques n'est pas anodine : leurs modes de contamination et de propagation sont quasiment identiques. Dans un premier temps, un virus informatique infecte un programme hôte dans lequel il va écrire ses propres lignes de code. Ensuite, tout comme un virus biologique utilise les ressources de l'organisme pour se reproduire, le virus informatique va s'exécuter à chaque fois que l'on active le programme qu'il a infecté. Ces nouvelles copies vont à leur tour infecter d'autres programmes et le cycle recommence ainsi, jusqu'à l'éradication. Les premiers virus sont issus de recherches menées pour vérifier le bien-fondé de celles de von Neumann. Il en fut ainsi du jeu Core War, conçu dans les années 60 par les laboratoires Bell. Il opposait deux programmes chargés dans la mémoire vive d'un ordinateur. Le but du jeu était simple : chaque programme devait repérer l'autre et le détruire en s'autocopiant dans son code. Pour se défendre, chaque programme pouvait se dupliquer et s'auto réparer. Déplacement au sein de la mémoire, analyse de l'environnement et destruction d'un programme, Core War mettait en évidence toutes les principales fonctions des codes autoreproducteurs. Très vite, d'autres labos s'emparent de ce jeu pour analyser le comportement des programmes. Car, si au début les virus restent confinés dans la mémoire vive, leurs mutations les amènent vite à se reproduire sur le disque dur pour se propager ensuite d'une machine à l'autre. Le ver informatique est né.

Sans être impropre, le terme de virus englobe en fait trois familles de codes malveillants aux caractéristiques bien différentes. Il y a les virus proprement dits, qui, comme nous l'avons vu, ne sont pas autonomes et ont besoin d'une exécution du programme infecté pour devenir actifs. A l'inverse, les vers sont des programmes totalement autonomes. Il leur est ainsi possible de propager, via un réseau, une version fonctionnelle et complète d'eux-mêmes vers d'autres ordinateurs. Enfin, les chevaux de Troie et les bombes logiques ne se reproduisent pas. Ils contiennent des fonctions cachées pouvant s'exécuter en tâche de fond à l'insu de l'utilisateur.